C'est fou comme on est surpris de retrouver aussi rapidement ses habitudes en revenant. Comme si cette brèche dans le quotidien n'avait jamais vraiment existé, une parenthèse quasi imaginaire qu'on a parfois l'impression d'avoir halluciné à deux tellement les images sont déjà floues à peine quelques jours après. On s'attend à hésiter sur le changement de métro, ne pas retrouver les marques qu'on avait laissé. Que quelque chose, bon sang, ait enfin changé. Et hormis la variation inexorable du passage piéton dans les travaux du tram, tout est peu près comme on l'avait laissé.
A se demander si tout ça ne sert vraiment à rien d'autre qu'à faire un break dans les jour qui passent et effacer quelques tons de cernes sous les yeux. Ca s'effiloche, de la peau dorée qui s'en va déjà aux bonnes habitudes alimentaires. L'agressivité est remontée en flèche dès l'arrivée même si on avait espéré que le zen resterait un peu plus longtemps.
Parce qu'il faut bien retourner travailler, dans son appartement, là où on est à sa place et que même si on se figure pendant quelques jours ou quelques semaines que les choses pourraient être différentes, est ce que ça pourrait vraiment l'être ?
J'ai pleuré sur le chemin de l'aéroport, j'ai pleuré les plages et les cocotiers, les sourires des gens et la vie si évidente. Mais j'ai surtout pleuré le retour à l'exaspération, les coups de coudes irrités dans les transports et la suite du spectacle pathétique du travail social qui s'étiole.
Bref, j'ai le blues.
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