Je ne sais plus dormir seule. C'est un constat déroutant après avoir passé tant d'années à me diluer progressivement sur toute la surface du matelas. Pourtant, ce n'est pas le manque de contact, je n'ai jamais vraiment aimé dormir collée toute entière à la chaleur de quelqu'un, y préférant le baiser d'une main ou d'une jambe.
Alors les rares soirs où je rentre seule pour le plaisir de placer mes membres à chaque extrémité de ma couche, c'est gâché par l'absence. J'entends ce cœur qui bat trop vite marteler et résonner dans chaque alvéole et chaque pli du drap, je cherche ce second souffle qui devrait me bercer, je retrouve ces insectes nerveux qui me grouillent sur la peau quand je suis trop fatiguée. Ils n'ont jamais vraiment disparu, de toutes façons.
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