Presque deux mois de silence. Pas le temps, pas l'envie.
Je suis engluée dans un sentiment de fatigue permanente dont je ne m'échappe pas. Dès que j'ai le sentiment d'avoir récupéré un peu de mes forces, le cours de la vie fait que j'ai à nouveau les yeux qui brûlent et le coeur qui bat un peu trop vite. Je fais le légume de plus en plus souvent, j'en culpabilise mais avec l'impression de ne pas avoir d'autre choix.
Ma vie sociale est un chaos, aussi. Une semaine sur deux, mon emploi du temps ne me permets pas de sortir, l'autre semaine, je suis hors service, et de toutes façons, je ne vois plus grand monde. Mes plus proches amies habitent trop loin, les autres ont un emploi du temps à l'opposé du mien, ce qui ne laisse que peu de possibilités pour se voir. De toutes façons, depuis Py et ses catastrophes relationnelles, j'ai bien du mal à investir des amitiés et rares sont les gens à qui j'ai accordé ma confiance depuis. C'est, je crois, l'une des choses de la vie qui m'a le plus déçue, d'avoir toujours fait l'effort d'aller vers les autres pour entretenir un lien, et de ne pas bénéficier de la réciproque. Alors je ne fais plus tellement l'effort, maintenant. Je panique à l'idée de me sentir à nouveau trahie.
J'ai un immense besoin de voyager, aussi. A vingt quatre ans, je n'ai rien vu d'autres que nos pays frontaliers. J'ai besoin de déserts comme de toutes l'obscénité dont peut faire preuve la nature. M'arracher un peu de mon carcan de paysages urbain, de ces champs bien carrés qui entourent des routes grises, entendre d'autres langues, et me sortir de ce putain de coma occidental qui a étouffé toute imagination et qui me pré-mâche un tout petit peu les rêves. Sans réfléchir encore à tout ce que ça impliquerait, je cherche de plus en plus, mécaniquement, des annonces d'emploi sur d'autres continents. La liste reste vide, mais la question commence à tarauder : est ce que si elle était pleine, j'aurais ce foutu courage de prendre le risque ?
1 petites notes:
Il n'y a qu'en prenant le risque que tu auras ta réponse.
Mais au final, à part la peur de l'inconnu et du changement, est-ce vraiment si risqué ?
Allé, embarquement immédiat !
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