Le monsieur a dit Verrouillée.
J'ai vu la longue file de portes se refermer les unes après les autres, se claquer violemment à m'en faire imploser les alvéoles des poumons. J'ai manqué d'air, d'un coup, quand il a voulu que j'en prenne davantage, quand il a voulu essayer son trousseau sur toutes mes serrures. Il avait prévenu qu'il avait rien de magique à me proposer mais qu'on pouvait essayer quand même. Allongée sur le dos, la couverture jusqu'au aisselles, j'ai essayé de me focaliser sur sa voix. Mais comment aurait il pu m'aider sans savoir qu'il fallait jeter la couverture par dessus mes épaules, qu'il ne faut jamais m'allonger sur le dos et ne pas tenter de canaliser le flot anarchique de mes pensées. Pour un endroit préféré au monde qu'il réclamait, je pouvais lui en citer dix, mes nuages rassurants étaient des tartines et des bites et rien de tout ça n'avait le moindre sens.
Il y avait mon noisetier-cabane en plein milieux des galets de Riomaggiore, c'est que du détail, mais c'est le détail le plus important, n'est ce pas ?
Ce qui m'apaise n'est qu'un long effilochage de bribes le long des routes que je prends. Rien qui ne fasse le poids face aux maillons bien serrés des anxiogènes qui défilent à longueur de temps.
Pour qu'autant de portes soient closes, c'est qu'il doit y avoir une Pandore au fond de tout ça.
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