Le monde est entièrement flou deux heures par jour en ce moment. C'est sans doute du aux larges traces de gras et de laques diverses que les gens étalent avec leur cuir chevelu sur la vitre du bus.
Souvent, avant même de descendre des marches, j'ai l'impression d'en avoir déjà loupé une. Ca crée un vertige tel que je me figure m'évanouir ou me briser le crâne le long des escaliers. C'est un signe : je mourrais sûrement comme ça.
L'attente du premier caillot de sang est au fil du temps un moment de plus en plus étrange et paradoxal. J'attends le moment où la balance basculera complètement et que ça me rendra juste très triste.
Quand elle a écrit mon prénom cet après midi sur son cahier de réunion et qu'elle l'a ensuite distraitement entouré de fioritures, un violent frisson m'a parcouru l'échine. Les gens ont parfois un pouvoir érotique qu'ils ne soupçonnent même pas.
En sortant du souterrain, hier soir, les feuilles étaient brunes dans la lumière, elles avaient perdu le blanc aveuglant de ces derniers mois. C'est là que j'ai réalisé que l'été était vraiment fini.
Et que ça a été l'un des plus beaux.
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